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Que vaut l'adaptation de Death Note par Netflix ?

Publié par Yann GROSYEUX

L’annonce de la production par Netflix d’un film sur le manga Death Note a été autant une surprise, qu’une interrogation sur ce que ça pourrait donner. Sorti hier, il est temps de voir si la plateforme de streaming a réussi son pari.

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Light, Mia et Ryûk - Death Note (Netflix)

Death Note, c’est quoi ?

Death Note est un manga japonais pré-publié dans le Weekly Shonen Jump, édité en 12 tomes par la suite. Fort de son succès, il est adapté avec finesse et talent en 37 épisodes par le studio Madhouse entre octobre 2006 et juin 2007. Suivront deux OAV de résumé de l’animé (Death Note Relight I et II) et 3 films live, en prise de vue réelle (Death Note, Death Note 2 : The Last Name, et L : Change the world).

Je ne vais pas vous le cacher, c’est l’un de mes animés préférés avec Code Geass et Saint Seiya.

L’animé s’appuie évidemment sur une base scénaristique de haut vol, des personnages forts et ambigus. La musique est également un ingrédient qui concourt à rendre culte cet animé.

Ca raconte quoi ?

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Ryûk et Light - Animé original

Light Yagami se retrouve en possession d’un Death Note (littéralement cahier de la mort). Cet objet appartenant aux Dieux de la mort offre la possibilité à son propriétaire de tuer quiconque, simplement en notant son nom dans le cahier et en visualisant son visage.

Light est un lycéen japonais surdoué, mais révolté intérieurement par le monde qui l’entoure. Il décide d’utiliser le Death Note pour éradiquer les criminels, quitte à devenir le dernier d’entre eux. Il est soutenu dans son entreprise par Ryûk – un Dieu de la Mort – qui a quitté le monde des morts pour découvrir le monde des vivants.

Les morts en pagaille de criminels attirent l’attention de la police japonaise, d’Interpol et d’un détective peu banal dont l’efficacité est reconnue par les autorités du monde entier : L. Il se lance à la poursuite de Light, qu’il considère comme un criminel.

L’adaptation de Netflix

Pour son adaptation réalisée par Adam Wingard, Netflix a choisi de transposer l’histoire à Seattle. C’est un choix qui a des conséquences scénaristiques et une influence certaine sur les personnages.

 

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Light Turner - Nat Wolff

Il faut être clair, on est davantage dans le reboot ou l’adaptation libre. Deux possibilités : vous connaissez Death Note et vous allez bondir sur votre canapé en permanence en pestant sur ce ##@xxh!, ou vous ne connaissez pas Death Note et vous risquez de vous ennuyer devant un Teen Movie assez décevant. Faisant partie de la première catégorie, j’ai été décontenancé pendant 1h40. Les écarts scénaristiques laminent l’œuvre… Le casting me rend perplexe également. L’absence de musique m’a achevé et j’aurais pu m’endormir si je n’étais pas si fan de l’œuvre originale.

Le pauvre Light passe pour un benêt pendant 1h35, subissant l’histoire plus qu’il ne la provoque. Dans l’animé, il est charismatique et se souhaite le Dieu d’un nouveau monde où la vermine serait éradiquée, sachant pleinement qu’il rendra des comptes une fois son Œuvre accomplie (l’utilisateur d’un Death Note ne doit pas s’attendre à aller au paradis ou en enfer une fois mort…). Dans l’adaptation Netflix, on a l’impression qu’il est toujours en retard sur les événements.

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Light Turner - Nat Wolff<

Il est soumis à Mia (qui visiblement se substitue à la pétillante Misa Amane), une pompom girl rebelle et... psychopathe. Pour terminer sur Light, j’ai des doutes sur l’acteur casté (Nat Wolff) qui n’a pas sû durant tout le film exprimer les traits de caractère du personnage (je l’ai préféré dans « Nos étoiles contraires »).

L est également abordé sous un jour tout à fait nouveau, mélange d’excitation et de manque de sang froid : un contre sens total au personnage original. L’interprétation de ce personnage me laisse de marbre.

 

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L - Keith Stanfield

 

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Ryûk - Willem Dafoe

Seul Ryûk remonte à mon sens le niveau, pour deux raisons principales. La première est qu’on a face à nous un Dieu de la Mort qui est moins aseptisé (moins copain / copain avec Light) que dans l’animé. On sent qu’il n’attend qu’une chose c’est que le carnet se remplisse. C’est un point d’écart flagrant avec l’animé où Ryûk semblait plus intéressé par la progression de Light. La contrepartie, c’est qu’on perçoit beaucoup moins l’humour du personnage. Le second point, c’est qu’il est très bien réalisé : Willem Dafoe y apparaît comme un Ryûk flippant à souhait. Good point pour ce personnage !

En ce qui concerne le background de Death Note : on passe complètement à côté, teen movie oblige. L’ambiguïté Bien / Mal y est à peine abordée, la relation entre Light et L quasi inexistante, les aspects religieux sont occultés. N’oublions pas que le point central de Death Note est la dissimulation de son identité entre L et Light : dans le film, on a Light qui se dévoile à L à deux reprises (WTF !!!).

Scénario
4/10
Casting
5/10
Respect de l'oeuvre
3/10

2

Raté !
 2
En résumé

Netflix était attendu au tournant sur sa capacité à créer du contenu sur la base d’un existant : pour Death Note c’est râpé de mon point de vue. Death Note offrait un potentiel énorme qui a été inexploité ou mal exploité. C'est dur, mais on attend beaucoup mieux de Netflix. Espérons que ce soit une alerte significative pour Netflix et que les prochaines productions liées à l’univers de la japanime soit 4 à 5 niveaux au-dessus (pitié me gâche pas mon Saint Seiya…).

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