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Victoires de la musique 2009

Publié par Yann GROSYEUX

Petit retour sur la cérémonie des « Victoires de la Musique 2009 » qui s'est déroulée au Zénith de Paris ce samedi...

C'est à noter dans les annales, ça doit bien être la première fois que je ne me suis pas endormi devant... Cette année, le show - on peut effectivement parler d'un show étant donné le nombre de performances live, et la durée de 4 heures - a été, si ce n'est à la hauteur des Emmy Awards ou des des Brit Awards, beaucoup moins pompeux que les cérémonies précédentes.

 

En maître de cérémonie : Nagui, plus connu pour l'animation de l'émission musicale Taratata. Et on sent franchement l'influence qu'il a pu avoir sur la mise en place des Victoires : plus rythmé, plus humain, plus d'artistes que l'on ne voit généralement pas à ces remises de récompenses. Bref, plus de respect pour la musique qu'on a pu en connaître avec Michel Drucker (si tu nous regardes Michel, on t'embrasse !). Malheureusement, on n'a pas pu échapper à quelques travers, allant de la (trop !) traditionnelle présentation des personnalités, aux remerciements pour le sponsor (Crédit Mutuel si tu nous regardes, nous savons que tu es partenaire maintenant... Je n'ai pas pu compter le nombre de fois où Nagui l'a répété tellement il y en a eu).

 

Venons en à ce qui nous intéresse : qui a été récompensé ? Le master de la soirée a été Alain Bashung - 3 récompenses, 11 victoires de la musique dans sa carrière : un record, pour un artiste affaibli mais bien présent. Ça m'a fait vraiment bizarre de le voir dans cet état, diminué, intimidé. Il décroche les victoires de l'interprète masculin de l'année, l'album de chansons (Bleu Pétrole), et meilleur spectacle de l'année (Bleu pétrole Tour). C'est incontestablement l'un des grands chanteurs contemporains, et ces victoires sont méritées. Je me demande simplement si les professionnels n'ont pas eu envie de lui remettre des victoires de son vivant, plutôt qu'une à titre posthume. Pas de cynisme hein, c'est juste que je me demande. Très pudiquement, il a remercié le public de son soutien (ovation pour Bashung pour la peine).

 

Autre gagnant de la soirée, Thomas Dutronc qui obtient la victoire de la chanson originale de l'année, avec 'Comme un manouche sans guitare' (vote du public), et on est bien content pour lui, car il cartonne ! Déception pour Renan Luce évidemment... Allez, ce n'est que partie remise :-) C'est Camille qui rafle la victoire de l'artiste interprète féminine de l'année, devançant du beau monde : Catherine Ringer, Anaïs (dont j'ai bien aimé l'entrée en scène sur un cheval), et Yael Naim. Vanessa Paradis enlève elle, la victoire du meilleur DVD musical pour 'Divinidylle Tour'.

 

Côté électro, c'est Martin Solveig qui est nommé artiste de musiques électroniques ou dance de l'année. Julien Doré, dans une sobriété assez inhabituelle (mais Julien Doré néanmoins) nous a quand même régalés, et s'offre deux victoires : album révélation de l'année pour 'Ersatz' et vidéoclip de l'année pour 'Les limites'. A noter également les victoires d'Abd-Al-Malik pour 'Dante' le meilleur album de musiques urbaines, et de Rokia Traoré avec 'Tchamantché' pour l'album de musiques du monde de l'année. Belle reconnaissance pour Abd-Al-Malik, un véritable poète. Sefyu remporte lui la victoire de l'artiste ou le groupe révélation du public de l'année, et nous gratifie d'une vraie performance live qui déménage :-)

 

Déception pour The Do qui repart sans rien cette année, et pourtant, ils assurent le trio ! Je passe sur les moments plus ou moins intéressants de la soirée, comme l'hommage à Jean-Loup Dabadie (vive le medley... l'occasion d'être heureux de voir qu'Emma Daumas cartonne vraiment, grande chanteuse...), la victoire d'honneur pour Johnny Walliday, pour évoquer deux aberrations...

 

Commençons par les jeunes de BB Brunes. Alors perso, je ne sais pas trop quoi dire, si ce n'est que j'ai du mal à comprendre leur victoire. Pseudos rebelles rockers ils sont, et pseudos rockeurs ils resteront. Mince, ça peut pas être un choix de dépit, parce qu'en face il y a du lourd : The Do et Moriarty (je passe sur Micky Green et son énorme blush parce que c'est pas bien de se moquer du physique :-)). Donc choix assez incompréhensible, mais ils repartent avec le titre d'artiste/groupe révélation scène de l'année.

 

Le hold-up de la soirée est effectué par Arthur H, qui a bien quelque chose de Gainsbourg dans le visage et la démarche, mais sur cette chanson, pas dans le talent. Non mais qu'est ce que c'est que ce truc : Dancing with Madonna... Chanson vraiment pauvrette musicalement, et insipide dans le texte. En plus, une interprétation limite qui lui vaudrait de finir dans les casseroles de la Nouvelle Star. Il remporte la victoire de l'album pop/rock de l'année. On aurait préféré l'offrir à Damien Saez, qui a retourné (positivement) le Zénith. On retrouve là l'écorché vif, héritier des plus grands artistes rock français. Voici sa performance :

 

 

Des parents sous anxiolytiques dans les mines modernes, faut du gazole dans la bagnole. Rentrer la thune dans ta compagnie, des bénéfices aux actionnaires et toi qui galère pour payer des fringues à tes mômes, que t'es triste à mourir. La jeunesse est au shit, à la C, à la colle, dis-moi qu'est-ce qu'on lui offre qui vale mieux que ça, que l'appât du gain toujours, encore, de l'avoir sur nos êtres. Nous n'avons plus de rêves que celui d'oublier. Tu les as vu les autres ? Ils ont le regard pauvre, plein de sous de leurs poches, la commission qu'ils se sont fait pour le crédit de leur bagnole, ils sont en Porsche ou en Aston, toujours accompagnés d'une conne, ils ont le regard de la mort, le regard de la mort. L'obscurantisme décidement fait des petits de jour en jour, c'est sûr eux ils brûlent pas de bagnoles pendant qu'ils font des farandoles dans leurs putains de boites de nuit, dans leur putains d'assemblées, c'est sur qu'ils font partie de la communauté.

Servir à soif à qui a faim,
Prôner le vide à qui est plein,
Et faire l'amour à des corps… sourds,
Pourquoi faudrait-il que l'on s'aime ?
Pourquoi faut-il qu'on s'en souvienne ?
Quand ça rend le cerveau trop lourd,
Servir des rires à qui a peine,
Et se jeter sous de poids… lourds,
S'effiler au fil du rasoir,
Se pendre à coup de corps perdus,
E…vadez-moi…
Em…brasons-nous…
Me voir devenir mort quand la chair est à vif,
Dans les combats de tigres passer entre les griffes,
Et sentir dans la veine qu'on est proche de Dieu,
Et puis sentir la haine qui me monte aux yeux,
Mes cris dans le silence ne me ramènent plus,
Qu'à des tristes équations, à de tristes inconnues,
Que je connais trop bien la déchire et la viande,
Qu'on serre entre ses bras ou qu'on coupe au couteau,
S'effiler au fil du rasoir.

Se pendre à bout de corps perdus,
Evadez, évadez, évadez, évadez-moi,
Embrasons, embrasons, embrasons, embrasons-nous,
Au devant des supplices c'est le cœur qui crie,
Pour foncer dans le tas, les barrages de police,
Avec moi les fantômes aux ombres invincibles,
Devenir invisible pour mieux toucher la cible,
Y'a pas d'ordre qui tienne si y'a pas le désordre,
Y'a pas la liberté si t'es pas prisonnier,
Evadez, évadez, évadez, évadez-moi,
Embrasons, embrasons, embrasons, embrasons-nous

Allez…

Ils n'ont que l'argent à la bouche, il n'y a que l'argent qui les touche,
Il y a des dollars sur leurs bavoirs, sur qu'ils en ont à nous en vendre,
De la connerie !
Moi je dis que celui qui s'achète une action a du sang sur les mains,
Celui d'un ouvrier à l'autre bout du monde, qu'on renverra chez lui
En lui disant merci
Mais il faut gagner plus, mais il faut gagner plus, mais il faut gagner plus
De l'or, de l'or, toujours on veut de l'or,
De l'or, de l'or, toujours on veut de l'or,
Il rentrera chez lui, annoncer à sa femme,
Qui le quittera bientôt, qu'il n'a plus rien,
Tu rentreras chez toi, annoncer à ta femme, connard,
Que tu n'as plus rien, que tu n'as plus rien,
Il est où le procès, il est où le putain de procès ?
Allez brûlons la bourse,
Histoire de leur donner le change,
Moi j'attends le procès,
Moi j'attends le procès,
De ceux qui s'amusent avec des milliards,
Des milliards de dollars, des milliards de dollars,
Pauvres petits cons !
TOTAL : 12 milliards de bénéfices,
12 putains de milliards de bénéfices,
Sur, si tu voles un putain de portable, tu prendras 2 ans,
Sur, si tu paies pas ton putain de loyer, ils t'enverront l'huissier,
Mais si tu prends des milliards, allez serre la main aux politiques,
On veut les voir en taule,
On veut les voir en taule,
On veut les voir en taule,
Je ne vois qu'un royaume,
Démocratie, démocratie, mon cul,
T'en as pas marre ? T'en as pas marre ?
Toi, putain de peuple
Qu'on te fasse le cul, à chaque coin de rue ?
T'en as pas marre ?
Je ne vois que la rage, de ceux qui n'ont plus rien,
La tête au fond des chiottes, à chercher l'oxygène,
A chercher, l'oxygène,
A chercher, l'oxygène,
Un jour, un jour,
Un jour, un jour,
Ouais, un jour le peuple se lèvera,
Un jour le peuple se lèvera,
Un jour le peuple se lèvera !

 

 

Rendez-vous l'année prochaine :-)

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